Les danseuses orientales égyptiennes célèbres : portraits et histoires d’un âge d’or

Par 8 juin 2020Blog

La danse orientale telle qu’on la connait aujourd’hui a une histoire complexe. Si on sait peu de choses sur ses origines, il y a une période très importante de son histoire, en lien avec la colonisation : c’est celle que l’on appelle « Golden Area« . Elle correspond à l’âge d’or du cinéma égyptien. En effet, la danse orientale dite Sharki a été rendue célèbre et popularisée grâce à de nombreux films.

Dans les années 1930, Le Caire devient le haut lieu de la culture du Moyen-Orient. Plusieurs réalisateurs décident de produire des films sur le modèle des comédies musicales américaines mais en y mettant une touche égyptienne avec la danse orientale ! Plusieurs danseuses orientales égyptiennes vont alors devenir de véritables stars.

Dans cet article, les danseuses orientales égyptiennes célèbres de l’âge d’or du cinéma égyptien seront à l’honneur.

Samia Gamal : la plus célèbre des danseuses orientales

De son vrai nom Zainab Ibrahim Mahfuz, Samia Gamal est sans doute la plus célèbre des danseuses orientales égyptiennes tant sa carrière a été longue et incroyable. On se rappelle tous de cette fabuleuse danseuse dans le film français  » Ali Baba et les quarante voleurs » avec l’acteur Fernandel, film de Jacques Becker, sorti en 1954. Voyez plutôt.

Samia Gamal a un style reconnaissable entre mille. Sa fluidité et son sourire ont marqué des générations de danseuses qui ont appris à danser en la regardant et en la mimant. Son duo avec le chanteur Farid El Attache (avec qui elle vivra une histoire d’amour de courte durée) reste un tandem marquant de cette période.

C’est aussi une personnalité qui a, à sa façon, révolutionné la danse orientale. Elle y a laissé sa trace, et encore de nos jours. Elle serait par exemple la première à avoir utilisé le voile. Il n’était jusqu’alors qu’un accessoire d’entrainement destiné à faire travailler leur port de bras aux danseuses. Elle serait aussi la première danseuse égyptienne à avoir porté des talons pour danser.
Samia Gamal fait preuve d’une telle souplesse quand elle danse, tout parait si fluide, mais toujours avec beaucoup d’élégance et de finesse.

Tahia Carioca, un air latino

Une autre danseuse égyptienne célèbre de la période Golden Area, c’est Tahia Carioca. Elle est peut-être la plus moderne des danseuses de cette époque car, sans le savoir, elle avait déjà fait un pas vers des styles que l’on pratique aujourd’hui presque un siècle plus tard : les fusions orientales.

 

Alors que sa famille désapprouve son choix de carrière, elle intègre contre leur avis le cabaret de Badia Masabni qui sait reconnaitre et faire éclore les talents de cette époque. En découvrant le film de Fred Astaire et Ginger Rogers, elle découvre la carioca et la samba. Elle décide alors de les intégrer dans sa danse. C’est ce qui lui vaudra son surnom et bien sûr son succès. Tahia Carioca fait souvent figure de pionnière parmi les danseuses orientales égyptiennes célèbres. Elle inspirera toute une génération après elle, notamment grâce à une filmographie impressionnante. Elle tourna dans plus de 120 films. Une success story !

Zoheir Zaki : une danseuse mythique qui a donné son nom à un mouvement

Zoheir Zaki est peut-être la plus discrète des danseuses orientales égyptiennes célèbres. Pourtant, la plupart des pratiquant.e.s de danse orientale la connaissent bien, notamment parce qu’elle a donné son nom à un mouvement de danse orientale.

 

D’abord danseuse pour les mariages en Egypte (c’était une tradition très répandue alors et qui devait amener la « baraka » aux jeunes mariés), elle est repérée par un producteur de télévision qui lancera sa carrière. Elle a joué dans quelques films où c’était surtout sa danse qui était mise en avant. Elle mènera en parallèle une carrière dans les night-club et notamment dans le prestigieux Nile Hilton Hotel du Caire. Sa collaboration avec la chanteuse Oum Kheltoum pour le titre » Inta Omri », un succès mondial, finira de la faire reconnaitre comme une danseuse incontournable de cette époque. Elle dansera pour de nombreux hommes politiques notamment le président Nixon.

Son style de danse très minimaliste, sans fioriture, a laissé un souvenir impérissable de cette grande artiste.

Neima Akef : une courte mais marquante carrière

Neima Akef a toujours baigné dans un univers artistique. Ses parents étaient artistes circassiens. Après être passé par le cabaret Badia elle aussi, elle mène une carrière solo dans un club célèbre du Caire, le Kit Kat Club. Elle est repérée par un réalisateur, Hussein Fawzy, qui va lancer sa carrière au cinéma.

Le film « Ya tamr Henna » (Fleur de Henné) sera un de ses plus grands succès. Il la fera entrer au panthéon des danseuses orientales égyptiennes célèbres.

Malheureusement, après avoir prématurément arrêté sa carrière pour s’occuper de son fils, elle décèdera des suites d’un cancer à l’âge de 36 ans. Une courte mais fulgurante carrière qui a marqué son époque.

Nagwa Fouad, la plus moderne

Amoureuse de la danse depuis son plus jeune âge, Nagwa Fouad commence sa carrière dans les nights clubs. En parallèle et avec l’argent qu’elle gagne, elle se forme en musique et en danse. Nagwa Fouad, c’est une passionnée qui n’a rien laissé au hasard dans sa formation artistique. Une acharnée de travail qui sera finalement repérée par un violoniste et compositeur, Ahmed Fouad Hassan. C’est un homme plus âgé qu’elle mais qui croit en son talent et qu’elle finira par épouser. Elle explique également dans une interview qu’elle choisira de l’épouser car sa propre famille recevait à l’époque des messages de menace compte tenue de son choix de carrière. Elle explique son mariage comme un moyen d’en être protégée.

Son apparition dans plusieurs films égyptiens la rendra célèbre et fera d’elle une icône de la danse orientale. Plusieurs compositeurs lui dédiront des morceaux. Par exemple, la célèbre chanson sur laquelle la majorité des danseuses orientales ont déjà dansé « Shik Shak Shok » fût composée pour elle.

En 1976, le célèbre compositeur Mohammed Abdel Wahab écrit une pièce musicale entière exclusivement pour son spectacle de danse intitulée « Aamar Arba’tashar » (La pleine Lune). Ce spectacle marque une transition entre la danse orientale dite « traditionnelle », à une pratique plus moderne et chorégraphiée, ajoutant des éléments très théâtraux.

Après cet aperçu de la carrière de plusieurs danseuses orientales égyptiennes célèbres, il faut se rendre compte qu’il en existe des tas d’autres, parfois moins médiatisées. Elles ont elles aussi marqué leur époque. Cela pourrait même faire l’objet d’un prochain article.

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Elisa

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